NOTES SUR LE
CUIRASSÉ BRENNUS
Sources :
"MARINE GUERRE ET COMMERCE" (Article de M. Luc FERON) et "LA
NOUVELLE REVUE MARITIME" (Article de M. Jean MEIRAT)
CARACTERISTIQUES :
|
Dimensions
: Déplacement d'origine 10 983 tonnes à pleine charge - longueur
hors tout 114,46 m - largeur hors tout 20,62 m - tirant d'eau avant
7,70 m, arrière 8,49 m, moyen 8,19 m - à l'origine, deux mâts
militaires, hauts de 37,67 m à l'avant et de 32,40 m à l'arrière. |
Le cuirassé
Brennus en rade de Lorient peu après son premier armement pour |
Armement :
- Trois 340 Mle 1887 (tourelle double avant et simple arrière) approvisionnés
d'abord à 117 coups au total, plus tard à 183 coups
- Dix 164,7 Mle 1893 (quatre en tourelles simples et deux casemates de
trois pièces) avec au total 1 525 coups
- Quatre 65 Mle 1891 simples avec 1 611 coups
- Deux 65 Mle 1881 pour la compagnie de débarquement
- A l'origine, deux 37 Mle 1885 qui furent supprimés
- Seize 47 Mle 1885 simples avec 7 608 coups dont, à l'origine,
quatre dans chaque hune avant et arrière
- Quatre tubes lance-torpilles de 450
- Six projecteurs de 60 mm
Drôme(17)
:
1 vedette White, 2 vapeurs, 1 chaloupe, 3 canots, 2 baleinières, 1 youyou(18),
2 berthons(19), 1 plate à l'origine comportant en plus 2 canots, 2
baleinières et une plate, qui furent supprimés lors de l'allègement des hauts
Effectifs :
696 officiers et hommes au total
CONSTRUCTION :
M. Luc FERON, dans un article publié
par la revue MARINE GUERRE ET COMMERCE (N°14 - Juillet 1991), affirme
que le cuirassé Brennus était "un navire parfaitement raté,
complètement périmé à son entrée en fonction, et qui rendit peu de service en
escadre.
Alors que la construction des quatre cuirassés Hoche, Marceau, Neptune et
Magenta était acquise, et déjà commencée pour ce qui concerne les trois
premiers, la décision fut prise en 1882 de mettre en chantier deux nouvelles
unités à l'arsenal de Lorient et à celui de Toulon.
Les nouveaux cuirassés devaient être inspirés de la technique utilisée à cette
époque en Italie et en Angleterre sur les cuirassés Dandolo et Inflexible.
Comme leurs homologues étrangers, ces cuirassés devaient porter une artillerie
principale de quatre pièces de gros calibre, réparties dans deux tourelles
fermées disposées en biais au centre de la coque. Comme sur les "Magenta"
cette artillerie aurait été constituée de pièces du calibre 34."
|
Construction
du Brennus |
Entre
1882 et 1888 les plans subissent de nombreuses modifications qui retardent la
construction. Le Brennus est lancé le 17 octobre 1891. Le prix de la
construction est de 25 083 675 F. |
Le 1er décembre 1894 les
travaux sont terminés et le Brennus est mis en réserve. Il arme pour des essais
de stabilité qui semblent donner satisfaction en août 1895. Cependant ces
essais sont arrêtés par suite d'une avarie de servo-moteurs, puis par
l'échauffement anormal des bielles et enfin, en raison de l'échauffement des
pompes de circulation. En décembre il atteint 17,10 noeuds et est affecté le 26
janvier 1896 à l'escadre de Méditerranée...
En 1900 on installe sur le Brennus
la T.S.F., pour laquelle on grée au mât avant un mât de flèche qui porte sa hauteur
totale à 46,70 m et à l'arrière un autre mât de flèche atteignant
48,90 m.
C'est à cette époque que le Brennus s'adorne d'une figure de proue : un
buste en bois de Cérês, ramené par son commandant, le C.V. Boué de Lapeyrère,
virilisé par le rabotage des bossoirs et l'addition de longues moustaches à la
gauloise et coiffé d'un casque ailé en cuivre jaune...
Le Brennus devient, en 1911,
bâtiment amiral de la Division de Ecoles, puis est placé, l'année suivante, en
réserve normale. Il est désarmé en 1914 et utilisé comme annexe du Ve
Dépôt des Equipages pour les passagers comme pour les permissionnaires de
l'Armée navale. En 1919, il est rayé, remis en paiement à l'entreprise chargée
du renflouement de l'épage de la Liberté, puis, en 1922 dépecé dans sa 37e
année après 14 ans de service actif.
Le texte ci-dessus fait de large
emprunts à un article de M. Jean MEIRAT paru dans "La Nouvelle revue
maritime"
(1) Un mille marin = 1852 mètres.
(2) Un noeud = 1 mille à l'heure soit 1,852 km/h.
(3) Bordée = 1) Subdivision de l'équipage (tribordais, bâbordais),
2) Ensemble des canons d'un des côtés du navire et, par extension, leur
décharge simultanée,
3) Route faite par un navire entre deux changements de cap, en gardant le
vent du même côté,
4) Au sens figuratif, ripaille à terre.
Bâbord = côté gauche du navire.
Tribord = côté droit du navire.
(4) Mousqueterie = Dans la Marine, nom donné aux détachements armés de fusils.
(5) Muraille = Côté de la coque.
(6) Panneau = Couverture en planches fermant une écoutille.
(7) Ecoutille = Ouverture rectangulaire pratiquée dans le pont pour pouvoir
accéder aux entreponts et dans les cales.
(8) Sabord = Trou carré pratiqué dans la muraille d'un navire et servant
d'embrasure de canon.
(9) Coffre = Grosse bouée servant à l'amarrage des navire sur une rade.
(10) Baleinière = Embarcation de service des grand bâtiments, légère et pointue
aux deux extrémités.
(11) Canot = Embarcation non pontée, mue par l'aviron, la voile ou un moteur.
(12) Chaloupe = Grand canot, lourd et robuste, pour le service des navires.
(13) Bossoir = Pièce de bois ou de fer saillant en dehors d'un navire et
servant à la manoeuvre des ancres à jas; par extension coté avant d'un navire -
Homme de bossoir = homme de veille sur le gaillard avant.
(14) Abattée = Mouvement d'un navire autour de son axe.
(15) Gabier = Matelot autrefois préposé aux voiles et au gréement, désormais à
tout ce qui concerne la manoeuvre du navire.
(16) Can = (ancienne forme de "chant") - Face la plus étroite de la
base des plaques métalliques qui cuirassent les navires.
(17) Drôme = Ensemble des embarcations, des pièces de rechange : mats, vergues,
avirons, etc... embarqués à bord d'un bâtiment.
(18) Youyou = Petit canot permettant de faire la navette entre le navire au
mouillage et le quai.
(19) Berthon = Canot en toile tendue sur arceaux selon un système repris plus
tard par les youyous Bardaix et aujourd'hui Nautirais.
(20) Volée = Partie du canon comprise entre la bouche et la partie frettée
portant les tourillons.
(21) Mât à pible = Mât formé d'un seul brin.
(22) Soufflage = Revêtement de planches appliqué sur la carène d'un navire, un
peu au-dessus et au-dessous de sa flottaison, pour ajouter à sa stabilité.
